1. Accueil
  2. Salaires et revenus
  3. Écart salarial femmes-hommes

Écart de salaire entre femmes et hommes

Dans le secteur privé, les femmes perçoivent en moyenne un revenu salarial inférieur de 21,8 % à celui des hommes en 2024, selon l’Insee : 22 060 € net par an contre 28 220 €. À temps de travail identique, l’écart de salaire entre hommes et femmes tombe à 14,0 %, et à 3,6 % pour un même poste dans le même établissement.

Mis à jour le · Rédaction moyenne.org · Nos sources

L’essentiel (secteur privé, 2024)

Écart de revenu salarial annuel
21,8 %
Écart à temps de travail identique (EQTP)
14,0 %
Écart à poste identique, même employeur
3,6 %
Écart de revenu salarial en 1995
33,7 %

Source : Insee Focus n° 377, « Écart de salaire entre femmes et hommes en 2024 », février 2026.

Trois mesures de l’écart de salaire entre hommes et femmes

Le chiffre de l’écart salarial dépend de ce que l’on compare. L’Insee en publie trois, emboîtés :

Écarts de salaire entre femmes et hommes selon la mesure (secteur privé, France, 2024)
MesureFemmesHommesÉcart
Revenu salarial annuel net (tout temps de travail)22 060 €28 220 €21,8 %
Salaire net à temps de travail identique (EQTP)——14,0 %
Salaire net EQTP, même profession, même établissement——3,6 %
  • Le revenu salarial additionne tout ce qu’une personne a gagné dans l’année. Il est plus faible pour les femmes parce qu’elles travaillent plus souvent à temps partiel et moins de mois dans l’année : en moyenne 0,71 équivalent temps plein contre 0,78 pour les hommes, soit un écart de volume de travail de 9,1 %.
  • Le salaire en équivalent temps plein neutralise ce volume : il compare le prix d’une heure de travail. Sur le champ de l’Insee Première consacré aux salaires, les femmes gagnent 2 514 € net par mois en moyenne contre 2 891 € pour les hommes (13,0 %, apprentis inclus) ; les deux publications ne retiennent pas exactement le même champ.
  • À poste comparable, l’Insee compare des femmes et des hommes qui exercent la même profession chez le même employeur. Il reste 3,6 %, mais ce calcul ne couvre qu’environ un quart des établissements (40 % des emplois), ceux où femmes et hommes occupent les mêmes postes.

Aucun de ces chiffres n’est « le vrai » écart : ils répondent à des questions différentes. Le 3,6 % mesure la part qui subsiste une fois écartés les métiers, les secteurs et le temps de travail ; il ne dit pas pourquoi les femmes accèdent moins aux postes les mieux payés.

Évolution depuis 1995

Écart entre femmes et hommes dans le secteur privé, 1995 et 2024
Indicateur19952024Baisse
Écart de revenu salarial33,7 %21,8 %−11,9 points
Écart en équivalent temps plein22,1 %14,0 %−8,1 points
Écart de volume de travail14,9 %9,1 %−5,8 points

L’écart s’est réduit d’environ un tiers en trente ans, à un rythme moyen de 0,4 point par an. Il a baissé plus vite entre 2019 et 2023 (0,9 point par an), puis de 0,4 point en 2024.

Un écart qui se creuse avec l’âge

  • Moins de 25 ans3,2 %
  • 25 à 39 ans7,4 %
  • 40 à 49 ans13,4 %
  • 50 à 59 ans19,0 %
  • 60 ans ou plus24,1 %

Presque nul en début de carrière, l’écart se creuse au fil des années. Les salaires des femmes progressent moins vite après 35-40 ans, comme le montre la page salaire moyen par âge. L’arrivée des enfants joue un rôle central : en 2022, l’écart en équivalent temps plein va de 5,8 % entre femmes et hommes sans enfant à 28,2 % entre parents de trois enfants ou plus.

D’où vient l’écart ?

  • Les métiers et les secteurs : femmes et hommes ne travaillent pas dans les mêmes professions. C’est, selon l’Insee, la principale explication de l’écart à temps de travail égal. Les métiers très féminisés (aide à domicile, assistante maternelle, secrétariat) sont moins rémunérés.
  • Le plafond de verre : les femmes occupent 42 % des emplois du privé mais seulement 24 % des postes du 1 % le mieux payé. Sans ce 1 %, l’écart en équivalent temps plein passerait de 13,0 % à 9,3 %. Voir le salaire moyen des cadres, catégorie où l’écart est le plus fort en valeur.
  • Le temps partiel et les interruptions : ils réduisent le revenu de l’année, mais aussi l’expérience accumulée et donc les salaires futurs.
  • La part inexpliquée : les 3,6 % qui restent à poste identique peuvent refléter des différences non mesurées (ancienneté exacte, primes, négociation) et de la discrimination, sans qu’on puisse les séparer.

Et dans la fonction publique ?

Les grilles indiciaires limitent les écarts à grade égal, mais un écart subsiste, lié aux corps et aux primes, plus élevées dans des filières masculines. Les chiffres détaillés sont sur la page salaire dans la fonction publique. Pour les ordres de grandeur d’ensemble, voir le salaire moyen et le salaire médian : en 2024, la médiane des femmes est de 2 079 € net, celle des hommes de 2 281 €, soit 8,9 % d’écart. L’écart varie aussi selon les territoires : il est plus faible en Île-de-France pour le revenu salarial (voir salaire moyen par région).

Ce que dit la loi

Le principe « à travail de valeur égale, salaire égal » figure dans le Code du travail (article L3221-2). Depuis 2019, les entreprises d’au moins 50 salariés publient chaque année un index de l’égalité professionnelle noté sur 100. La directive européenne 2023/970 sur la transparence des rémunérations devait être transposée en droit français au plus tard le 7 juin 2026 ; elle prévoit notamment d’indiquer une fourchette de salaire dans les offres et donne aux salariés le droit de connaître les rémunérations moyennes par sexe pour un travail de même valeur.

Questions fréquentes

Pourquoi entend-on parfois 24 % ou 28 % d’écart ?

Ces chiffres plus anciens portent sur le revenu salarial d’années antérieures, ou sur d’autres champs (public et privé). En 2024, l’écart de revenu salarial dans le privé est de 21,8 %.

Quel est l’écart de salaire en Europe ?

Sur le salaire horaire brut non ajusté (secteur marchand non agricole, entreprises de 10 salariés ou plus), l’écart atteint 12,2 % en France et 15,0 % en moyenne dans l’Union européenne en 2023, selon les données européennes reprises par l’Insee. Cette mesure n’est pas directement comparable à celles présentées plus haut.

Une femme cadre gagne-t-elle moins qu’un homme cadre ?

Oui, en moyenne : en 2023, 4 120 € net par mois en équivalent temps plein contre 4 850 € pour les hommes cadres du privé, selon l’Insee.

Sources

  1. Insee, Insee Focus n° 377, « Écart de salaire entre femmes et hommes en 2024 », février 2026. insee.fr
  2. Insee, Insee Première n° 2079, « Les salaires dans le secteur privé en 2024 », octobre 2025. insee.fr
  3. Insee, « Salaires dans le secteur privé : caractéristiques des individus », Emploi, chômage, revenus du travail, édition 2025. insee.fr
  4. Insee, « Salaires et coût du travail en Europe », Emploi, chômage, revenus du travail, édition 2025. insee.fr
  5. Directive (UE) 2023/970 du 10 mai 2023 visant à renforcer l’application du principe de l’égalité des rémunérations. eur-lex.europa.eu