L’essentiel
- Glycémie à jeun normale
- < 1,10 g/L
- Seuil du diabète à jeun (2 dosages)
- ≥ 1,26 g/L
- Deux heures après une charge en sucre, normale
- < 1,40 g/L
- Seuil du diabète en hémoglobine glyquée
- ≥ 6,5 %
Sources : OMS, critères de diagnostic du diabète (2006) et de l’HbA1c (2011) ; Santé publique France, 2024.
Glycémie normale : les valeurs de référence
La glycémie est la concentration de glucose (sucre) dans le sang. En France, les laboratoires l’expriment en grammes par litre (g/L), parfois en millimoles par litre (mmol/L) ; on passe de l’un à l’autre en multipliant par 5,55 (1 g/L = 5,55 mmol/L).
| Mesure | Normale | Zone intermédiaire | Diabète |
|---|---|---|---|
| Glycémie à jeun (8 h sans manger) | < 1,10 g/L (6,1 mmol/L) | 1,10 à 1,25 g/L | ≥ 1,26 g/L (7,0 mmol/L) |
| 2 h après 75 g de glucose (HGPO) | < 1,40 g/L (7,8 mmol/L) | 1,40 à 1,99 g/L | ≥ 2,00 g/L (11,1 mmol/L) |
| Glycémie à n’importe quel moment | — | — | ≥ 2,00 g/L avec symptômes |
| Hémoglobine glyquée (HbA1c) | < 6 % environ | — | ≥ 6,5 % |
La zone intermédiaire à jeun s’appelle « hyperglycémie modérée à jeun » ; après charge en sucre, « intolérance au glucose ». Ce n’est pas un diabète, mais un signal de risque. L’Association américaine du diabète place le début de cette zone plus bas, à 1,00 g/L (5,6 mmol/L) : c’est pourquoi certains comptes rendus affichent une norme de 0,70 à 1,00 g/L et d’autres de 0,70 à 1,10 g/L.
Glycémie à jeun : comment se fait le dosage
La prise de sang se fait le matin, après au moins 8 heures sans manger (l’eau est autorisée). Une valeur entre 0,70 et 1,10 g/L est normale. Un seul résultat supérieur ou égal à 1,26 g/L ne suffit pas : le diagnostic de diabète demande un second dosage, un autre jour, au-dessus du même seuil (sauf glycémie très élevée avec symptômes).
Exemple : convertir un résultat
Votre compte rendu indique 5,8 mmol/L. En g/L : 5,8 ÷ 5,55 = 1,05 g/L. C’est normal selon le critère OMS (moins de 1,10 g/L), mais au-dessus du seuil américain de 1,00 g/L : votre médecin peut proposer un contrôle.
Glycémie après un repas
Après un repas, la glycémie monte, atteint un pic en général dans l’heure, puis redescend grâce à l’insuline. Chez une personne non diabétique, elle reste généralement sous 1,40 g/L deux heures après le repas. Il n’existe pas de norme officielle pour une glycémie « après un repas quelconque », car la valeur dépend de ce qui a été mangé ; le test standardisé est l’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO), avec 75 g de glucose.
Chez la femme enceinte, le dépistage du diabète gestationnel utilise des seuils plus bas que chez l’adulte en général ; ils sont détaillés par la sage-femme ou le médecin qui suit la grossesse.
L’hémoglobine glyquée (HbA1c), la moyenne des trois derniers mois
L’HbA1c mesure la part d’hémoglobine qui a fixé du glucose. Comme un globule rouge vit environ trois mois, elle reflète la glycémie moyenne des 2 à 3 derniers mois, au lieu d’une photographie à un instant donné. Chez une personne non diabétique, elle se situe habituellement autour de 5 à 6 %. L’OMS retient un diagnostic de diabète à partir de 6,5 %.
Chez une personne diabétique de type 2, la HAS recommande en général un objectif d’HbA1c inférieur ou égal à 7 %, adapté selon l’âge et l’état de santé. L’HbA1c peut être faussée par une anémie ou certaines anomalies de l’hémoglobine : voir le taux d’hémoglobine normal.
Le diabète en France
Selon Santé publique France, plus de 3,8 millions de personnes étaient traitées par médicament pour un diabète en 2023, soit 5,6 % de la population, et la progression se poursuit. Le diabète est plus fréquent chez les hommes en métropole, nettement plus fréquent dans les départements d’outre-mer et en Seine-Saint-Denis, et plus rare dans l’ouest de la France, en Bretagne notamment. Ce chiffre ne compte pas les personnes diabétiques qui l’ignorent.
Le diabète de type 2 s’associe souvent à une tension artérielle élevée et à un cholestérol trop haut : les trois se dépistent par des examens simples.
Glycémie trop basse : l’hypoglycémie
Chez une personne diabétique traitée, on parle d’hypoglycémie sous 0,70 g/L (3,9 mmol/L). Les signes sont des sueurs, des tremblements, une faim brutale, des palpitations (la fréquence cardiaque s’accélère), puis une confusion. Chez une personne non diabétique, une vraie hypoglycémie est rare et justifie un avis médical.
Ces repères servent à lire un résultat, pas à poser un diagnostic. Une glycémie à jeun à 1,26 g/L ou plus, une soif intense, des urines abondantes ou un amaigrissement inexpliqué doivent conduire à consulter votre médecin. Une glycémie très élevée avec somnolence ou vomissements est une urgence (15).
La fièvre et les infections peuvent faire monter transitoirement la glycémie, d’où l’intérêt de noter la température lors d’un dosage en période de maladie. Pour les autres constantes, voir la fréquence cardiaque par âge et la fréquence respiratoire.
Questions fréquentes
Une glycémie à jeun de 1,15 g/L est-elle grave ?
Ce n’est pas un diabète, mais une hyperglycémie modérée à jeun. Elle signale un risque accru de diabète et justifie un contrôle et, souvent, des changements d’alimentation et d’activité physique, à discuter avec votre médecin.
Quelle est la glycémie normale le matin au réveil ?
C’est une glycémie à jeun : entre 0,70 et 1,10 g/L chez une personne non diabétique.
Le café fausse-t-il la glycémie à jeun ?
Un café sucré ou avec du lait, oui. Pour un dosage à jeun, ne prenez que de l’eau.
Quelle différence entre glycémie et HbA1c ?
La glycémie est une mesure ponctuelle ; l’HbA1c reflète la moyenne des deux à trois derniers mois et ne nécessite pas d’être à jeun.
Sources
- Organisation mondiale de la santé et Fédération internationale du diabète, « Definition and diagnosis of diabetes mellitus and intermediate hyperglycaemia », 2006.
- Organisation mondiale de la santé, « Use of glycated haemoglobin (HbA1c) in the diagnosis of diabetes mellitus », 2011.
- Haute Autorité de santé, « Stratégie médicamenteuse du contrôle glycémique du diabète de type 2 », 2013.
- Santé publique France, « Le diabète en France continue de progresser », 14 novembre 2024. santepubliquefrance.fr
- American Diabetes Association, « Standards of Care in Diabetes », chapitre « Diagnosis and Classification of Diabetes », édition annuelle.