L’essentiel (crédits immobiliers accordés en 2025)
- Part du bien financée par le prêt (LTV moyenne)
- 79,9 %
- Apport moyen implicite, en part de la valeur
- ≈ 20 %
- Prêts finançant plus de 100 % du bien
- 17,5 %
- Montant moyen emprunté
- 193 948 €
Source : ACPR (Banque de France), « Le financement de l’habitat en 2025 », juillet 2026. L’apport implicite est déduit de la LTV moyenne (100 % − 79,9 %).
Combien d’apport ont les acheteurs ?
Les statistiques publiques mesurent l’apport indirectement, à travers le loan-to-value (LTV) : le rapport entre le montant du prêt et la valeur du bien financé. En 2025, la LTV moyenne à l’octroi atteint 79,9 %, en hausse de 2,1 points sur un an : les emprunteurs ont donc apporté en moyenne un peu plus de 20 % du prix, une part en léger recul.
Exemple : ordre de grandeur de l’apport moyen
Prêt moyen de 193 948 € pour une LTV de 79,9 % : la valeur moyenne financée vaut environ 193 948 ÷ 0,799 ≈ 242 700 €, et l’apport environ 242 700 − 193 948 ≈ 48 800 €. Ce calcul donne un ordre de grandeur : la moyenne des ratios ne correspond pas exactement au ratio des moyennes, et l’apport sert aussi à payer les frais d’acquisition.
Aucune source publique ne publie d’apport moyen en euros par âge. Les sites de courtage diffusent leurs propres estimations, calculées sur leur clientèle ; elles ne sont pas représentatives de l’ensemble des emprunteurs.
Évolution de l’apport depuis 2019
Selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, le niveau moyen de l’apport personnel a augmenté de 47,9 % entre le 4e trimestre 2019 et le 1er semestre 2026, en réponse au plafonnement du taux d’effort à 35 % des revenus décidé par le HCSF. Il s’est stabilisé depuis 2023 : −3,4 % en 2025, puis +1,1 % sur les huit premiers mois de 2026 (en glissement annuel).
| Marché | 2025 | 8 premiers mois de 2026 |
|---|---|---|
| Ensemble | −3,4 % | +1,1 % |
| Neuf | +9,5 % | −6,1 % |
| Ancien | −6,4 % | +4,0 % |
Dans l’ancien, l’apport se redresse avec le retour de ménages plus aisés et de « secundo-accédants » qui revendent un premier logement. Dans le neuf, il recule, en partie grâce au prêt à taux zéro qui se substitue à l’apport.
Ce qu’attendent les banques
Aucune règle n’impose un apport minimal, mais les banques demandent en général au moins de quoi couvrir les frais de notaire (7 à 8 % du prix dans l’ancien) et les frais de garantie. La vraie contrainte vient de la norme du HCSF : taux d’effort de 35 % au maximum, assurance comprise, et durée de 25 ans au plus. Un apport plus élevé réduit le montant emprunté, donc la mensualité, et permet d’obtenir un meilleur taux : en juin 2026, l’écart entre les emprunteurs les mieux dotés et les moins bien dotés atteignait 0,76 point sur 20 ans (2,84 % contre 3,60 %), selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Voir le taux moyen de crédit immobilier.
Exemple : appartement ancien à 250 000 €
Frais de notaire d’environ 7,5 % : 18 750 €. Pour financer 90 % du prix (225 000 €), l’acheteur doit apporter 25 000 € plus les frais, soit 43 750 €. Pour atteindre la moyenne nationale de 20 % d’apport, il faudrait 50 000 €, frais en plus.
Emprunter avec un apport faible
En 2025, 17,5 % des prêts dépassaient 100 % de la valeur du bien, c’est-à-dire finançaient aussi une partie des frais. Plusieurs leviers existent pour les emprunteurs peu dotés :
- Prêt à taux zéro (PTZ) : réservé aux primo-accédants sous conditions de ressources, il réduit le besoin d’apport ;
- Prêt Action Logement pour les salariés d’entreprises cotisantes, et prêts d’accession sociale ;
- Allonger la durée jusqu’à 25 ans pour rester sous les 35 % de taux d’effort : voir la durée moyenne d’un prêt ;
- Épargne régulière et stable : un dossier montrant une capacité d’épargne rassure la banque, même avec peu d’apport.
Les banques peuvent déroger à la norme du HCSF pour 20 % de leur production, dont une partie est réservée aux primo-accédants. En 2025, 43,7 % des crédits immobiliers étaient destinés à des primo-accédants, selon l’ACPR.
Apport et âge
L’apport dépend fortement de l’âge et de la situation : les jeunes ménages, qui ont eu peu de temps pour épargner et sortent souvent de la location (voir le loyer étudiant moyen), achètent plus souvent avec un apport limité, aidé par le PTZ ou une donation familiale ; les secundo-accédants mobilisent le produit de la vente de leur premier logement. Voir l’âge moyen du premier achat. Une fois propriétaire, des dépenses régulières s’ajoutent au crédit, comme les charges de copropriété.
Questions fréquentes
Peut-on acheter sans apport ?
C’est possible mais plus rare : 17,5 % des prêts de 2025 finançaient plus que la valeur du bien. Les banques le réservent en général aux dossiers solides : revenus stables et élevés, capacité d’épargne démontrée.
Quel apport pour un achat à 200 000 € ?
Au minimum les frais de notaire (environ 15 000 € dans l’ancien) ; pour être dans la moyenne de 2025, environ 40 000 € (20 % du prix), plus les frais.
Une donation peut-elle servir d’apport ?
Oui. Les donations familiales sont exonérées de droits jusqu’à 100 000 € par parent et par enfant tous les quinze ans, et un dispositif temporaire exonère certains dons d’argent affectés à l’achat d’un logement neuf ou à la rénovation ; vérifiez les conditions en vigueur sur impots.gouv.fr.
Sources
- ACPR (Banque de France), « Le financement de l’habitat en 2025 », Analyses et synthèses n° 183, juillet 2026. acpr.banque-france.fr
- L’Observatoire Crédit Logement/CSA, « Tableau de bord trimestriel – 2e trimestre 2026 », juillet 2026. lobservatoire.creditlogement.fr
- L’Observatoire Crédit Logement/CSA, « Tableau de bord mensuel – Août 2026 », septembre 2026. lobservatoire.creditlogement.fr